Éloge de la lenteur

Rhaaaa… Enfin un nouvel article !

Je sais, ça a pris du temps…  Mais se reconnecter avec son enfance, ça ne peut pas se faire en quatre matins. Ni même en dix… Pour ce genre de choses, un claquement de doigts ne suffit pas. Et heureusement d’ailleurs !  On ne va pas non plus faire ce qui nous tient vraiment à cœur, en 5 minutes, hein ? Et puis… je crois que j’attendais que le sujet s’impose à moi. Parce que, « faire pour faire », à quoi ça sert ?

J’attendais, et voilà qu’un beau matin, elle est arrivée, tranquillement, à son rythme… Elle a toqué à ma porte. J’ai dit : « c’est qui ? ». Elle m’a répondu avec tendresse : « c’est ta lenteur, tu te souviens de moi ? ». Ma lenteur ? J’avais oublié, c’est vrai… Au début, j’ai pensé que c’était la rentabilité qui me faisait une farce. Ou peut-être même la peur… Oui, j’ai remarqué que la peur était fourbe parfois… même chassée loin, très loin de vous, elle se débrouille pour se pointer à nouveau, au moment où vous vous y attendez le moins. J’ai dit : « heu… ça ne m’intéresse pas, je n’ai pas le temps !  » Et là, toute en finesse, ma lenteur a dit : « justement, ouvre-moi… et tu verras, du temps, tu en auras à nouveau… »

Alors j’ai dit : « OK ». Et j’ai laissé entrer ma lenteur dans mon cœur.

Il n’y avait aucun doute, dès le premier regard, j’ai su que c’était elle, que c’était la lenteur de mon enfance. Celle qui m’avait fait m’ennuyer, et donc, rêvasser. C’était sympa de se retrouver… depuis combien de temps on n’avait pas traîné nos guêtres ensemble ? Il faut croire que c’était le bon moment pour des retrouvailles.

Du coup, j’ai pensé que le sujet pouvait vous intéresser. Par les temps qui courent, parler lenteur, ça peut s’avérer être utile…

Certains verront peut-être un caractère contre-productif à cet article, voire même une forme de pathologie à vouloir écrire sur la lenteur, alors que je ferais mieux d’aller faire bouillir la marmite. Soit. C’est un argument qui peut me faire douter, en bonne repentie de la vitesse que je suis. Mais je me dis la chose suivante… même si c’est vrai que ça passe vite, ça prend quand même du temps de vivre une vie, et pourtant… on gagne vachement à vivre ! Alors vous voyez, finalement, ça a du bon la lenteur… Moi en tout cas, même si je n’étais plus formatée pour, en acceptant de lui ouvrir ma porte, j’ai tout de suite été convaincue d’une chose : il ne faut pas se presser. Parce que quand ça va trop vite, ça va trop vite pour tout, vous voyez… même pour la fin. Non ?

Bref, retrouver la lenteur qui sommeille en chacun de nous, ça fait du bien.

Il suffit d’être confronté à l’urgence, pour avoir sacrément envie de ralentir et de réfléchir un peu. Quand ça m’est arrivé (d’être confrontée à l’urgence) j’ai commencé à repenser à ma lenteur comme à un lointain souvenir, quelque chose qui m’était familier et que j’aimerais retrouver. Une saveur unique, qui s’était égarée au milieu de ma forêt. Ce jour-là, face à l’urgence, et pendant les longs jours qui ont suivi, j’ai appris ce que je savais déjà : la lenteur, la mienne en tout cas, était un Graal précieux. Il fallait que je réapprenne absolument à la cultiver. C’est vrai quoi… quand on est jeune adulte, c’est-à-dire quand on devient, soi-disant adulte, alors que l’on est encore très jeune, on a tendance à se noyer un peu dans une nécessité de performance épuisante, une obligation de réussite, à tous les niveaux. Parfois, on ne s’en rend pas compte, mais on se met même à courir vers le conformisme, la norme, histoire de justifier qu’on est adulte.Tout cela, forcément, ça ne laisse plus beaucoup de place à la lenteur.

C’est peut-être cela grandir : ne plus jamais prendre son temps. Et puis, un jour, la vie vous rappelle à l’ordre. Elle vous impose de réapprendre à vivre différemment. Et d’un seul coup, on redécouvre que, regarder un enfant dormir, ou bien un papillon papillonner, ça n’est pas perdre son temps. Au contraire, ça rend heureux, et libre.

On dit toujours « connais-toi toi-même », c’est vrai, c’est important, mais heureusement, on se réserve parfois des surprises !

Depuis que j’ai laissé entrer en moi la lenteur de mon enfance, je me surprends à ne plus envisager le travail uniquement comme une nécessité sociale, ou ce qui va me permettre d’assurer ma survie, et celle de mes enfants. Non, depuis ce jour, je me contente de peu, et donc de tout. Mon aliénation est devenue heureuse, car elle a du sens. Elle me permet, avec moins, d’avoir plus… plus de temps pour être. En faire moins, pour être plus.

Pendant longtemps,  la répartition entre les charges et les bénéfices du travail n’était pas très équilibrée. Alors, ralentir pour avancer moins, mais mieux, est devenu un vrai leitmotiv… Il faut dire que j’ai été aidée dans ma démarche…

… je tiens donc à remercier ici ma lenteur d’être revenue vers moi, après tant d’années. Grâce à elle, aujourd’hui, je laisse partir ce qui doit me quitter, et j’ouvre grand les bras à ce qui doit advenir, en continuant à réaliser mes rêves, sans pour autant exiger. Du coup, chaque nouvelle rencontre, est aussi belle et colorée qu’un papillon qui papillonne… et chaque nouveau texte, un enfant, que je regarde naître, jouer, tomber, et s’écorcher les genoux, puis s’endormir, en attendant, patiemment, qu’il se réveille…

Dany Boon et la magie de Noël

Rhaaa… Il faut vraiment que je vous raconte !

Ce matin, s’est produit un micro-événement, certes, très furtif, mais qui a, pour la superstitieuse que je suis (sous-entendu, une personne qui voit des « signes » partout), son importance.

Avant de me lancer quand même… vous vous souvenez ?

Je vous disais précédemment que lorsque l’on décide de se mettre à écrire des histoires, il faut faire preuve d’une sacrée bonne dose de persévérance. S’il n’y avait que cela !

Oui mesdameszémessieurs, je vous le confesse…

A la persévérance, vient s’ajouter sa sœur jumelle : l’obsession.

Écrire ? On n’imagine jamais assez le caractère obsessionnel de l’entreprise. De ces obsessions, qui ne vous quittent presque jamais, et qui, lorsque vous vivez en couple, peuvent même parfois, faire des ravages. Exemple : « Zut alors ! J’en ai marre à la fin ! T’es là, mais tu n’es pas là en fait. » Hum… Comment faire comprendre à l’autre, que, siiiii, on est bien là, pleinement, entièrement, mais que l’on a des choses à écrire, et qu’on attend l’occasion de pouvoir le faire depuis (trop) longtemps ?

Mea Culpa. Il faut reconnaître que je n’avais pas annoncé la couleur dès le début.

Quelle couleur me direz-vous ?

La couleur du couple à trois. Oui, vivre avec quelqu’un qui écrit, et qui, par définition, ne pense (presque) qu’à ça, c’est un peu comme vivre un couple à trois.

L’ obsession se transforme alors en amant terrible, qui s’immisce partout : dans le quotidien, et parfois même, au creux de l’oreiller. Cet amant, ce sont les notes, les idées, les pensées. Cet amant, c’est tel mot, ou telle phrase qui résonne. Cet amant, c’est la perspective quasi permanente de ce que l’on pourrait faire de cette résonance, de ce que l’on imagine autour d’elle. Alors, on avance comme on peut, en essayant de tout concilier, ces deux vies en une, tout en pensant aux moments où l’on va pouvoir enfin s’y mettre, où l’on va pouvoir enfin, faire sortir cet écho. On vit, en se disant qu’il faut tout noter, au risque de tout oublier… et en jubilant, dès que l’on aperçoit des plages de vide dans son agenda… Quoi ? Rien pendant 3 jours ? Pas de rendez-vous ? Pas de réunion ? Pas de sortie ? Le plus savoureux des délices, devient alors l’agenda vide. Un vide qui prend de plus en plus de place, quand l’autre finit par partir. Lorsqu’il plie (bagages), face à l’amant terrible.

Bon OK, d’accord, et Dany Boon alors ?

J’y viens… J’y viens…

Dany Boon, c’est, en tout bien tout honneur, mon OBSESSION du moment. Mais pourquoi lui me direz-vous ? Parce que cet homme a un lien indirect avec l’un de mes projets. LE projet qui me tient tant à cœur et que j’ai mis 4 ans à écrire (si un jour ce texte est publié, vous comprendrez sans doute pourquoi).

Il s’agit d’un album jeunesse, traitant d’un sujet dit « sensible », et actuellement entre les mains d’un agent, c’est-à-dire un professionnel qui croit suffisamment en votre texte pour vous consacrer du temps et de l’énergie, et ça, vous n’imaginez pas, mesdameszémessieurs, ce que, moralement, cela représente.

Oui, avant de sauter dans le vide, même si j’avais très envie d’y aller, je ne savais pas ce qui m’attendait. Je me disais donc, à juste titre : « aïe, je crois que ça va faire mal ». Et bien je confirme ! Par moments, il y a eu des bosses. Mais j’ai eu aussi cette chance : qu’un parachute s’ouvre à moi durant mon saut. Grâce à la foi et à l’accompagnement de cet agent, l’atterrissage va donc peut-être se faire en douceur.

L’avenir nous le dira …

C’est précisément là, qu’intervient Dany Boon.

Pour défendre le bien-fondé de l’existence d’un tel album, malgré le caractère dit « sensible » du sujet, je me suis mise en tête, (en concertation avec mon agent), et de façon obsessionnelle donc, de joindre Dany Boon, pour lui demander de signer une préface à ce livre. Parce qu’il est concerné, en tant que père, par le sujet, et qu’il en a déjà parlé dans les médias, avec  sensibilité et humilité, je nourris l’espoir qu’il accepte donc de soutenir ce projet, afin de lui donner encore plus de chances d’exister.

Mais alors ? Que s’est-il passé avec Dany Boon ?

Rhaaa… voilà toute l’histoire : ce matin, alors que je me trouvais boulevard des Capucines, pour aller retirer des places de concert à l’Olympia, je croise, d’un pas, certes un peu pressé, et au téléphone, Judith Godrèche !

Judith Godrèche, l’ex-femme de Dany Boon… la mère de l’un de ses enfants ! Je la croise, et je me dis : « Tiens, c’est Judith Godrèche, elle a changé physiquement… »

Je continue mon chemin, jusqu’à l’Olympia, me demandant comment je vais faire pour tout faire rentrer dans les valises, et boudant encore un peu de ne pas avoir trouvé de nougats au Monoprix hier, quand d’un seul coup : « Mais, ce n’est pas vrai ça ! Judith Godrèche !!!! Mais… pourquoi je ne suis pas allée vers elle ? POURQUOI ? J’aurais dû l’arrêter, bon sang, lui parler de mon projet.

Je suis hors de moi, je me dis que la magie de Noël c’est sympa, mais que là quand même… j’avais tellement la tête ailleurs, que je n’ai pas eu la présence d’esprit de l’arrêter.

Je me retrouve devant l’Olympia, grilles encore fermées, et là, comme je suis en avance, je scrute le boulevard des Capucines, en long, en large, et en travers, en espérant qu’elle repasse. Même sur le trottoir d’en face, ce n’est pas grave ! Si c’est le cas, je traverserai, là, au niveau du 43 boulevard des Capucines, un 24 décembre 2015, sous une pluie fine : j’irai arrêter Judith Godrèche, et je lui parlerai de mon projet. Je lui demanderai de m’aider à joindre Dany Boon.

Bon, j’ai attendu, attendu… mais… elle n’est pas repassée.

Je ne sais donc pas comment interpréter ce signe.

De deux choses l’une :

1/ Je me dis que c’est juste une question de moment. Ce n’était pas le bon moment, c’est tout. Et dans le pire des cas : je trouve quelqu’un d’autre pour ma préface.

2/ Je me dis que c’est juste une question de moment. Ce n’était pas le bon moment, c’est tout. Et dans le meilleur des cas : si c’est elle que j’ai croisée, et pas l’ex-femme d’un autre, c’est que c’est LUI qui doit la signer cette préface !

Je vous laisse imaginer laquelle des deux options je préfère…

(Indice : la réponse a un lien avec la persévérance et l’obsession ;-))

En attendant, de très belles fêtes à vous !  🙂

Le premier roman

La première marche de l’escalier, qui mène au premier étage de la Tour Eiffel (il faut avoir lu l’article « La question de la légitimité » pour comprendre), qu’est-ce que ça peut bien être à votre avis ? Vous avez une petite idée ?

Non ?

Hum… C’est à se demander si vous lisez bien les titres de mes articles vous !

Bah oui, c’est le premier roman ! Merci à ceux qui suivent, au premier rang 🙂

La première marche, donc, c’est le fameux, le légendaire, l’incontournable « premier roman ». Celui dans lequel on place toute sa foi, son énergie, ses superstitions. Celui dont a rêvé longtemps, tout en pensant qu’on n’y arriverait jamais… Et ça n’a rien à voir avec le fait de partir perdant. Absolutely not ! Mais… comment vous dire ? Disons que ça ne se tricote pas en cinq, ni en sept matins un truc pareil… Écrire un roman, ça n’est pas facile, facile… et de surcroît, il n’y a pas de formation pour ça ! Le Fongecif, pour ce genre de projets, ça ne marche pas. Si j’avais voulu me reconvertir en suivant une formation, il aurait fallu que je m’oriente vers autre chose. Que je change pour… vendre des chocolats par exemple ! Il aurait déjà fallu que je sois salariée, c’est sûr… mais ce détail mis à part, figurez-vous que j’ai une copine, pour qui, vendre des chocolats, ça semble bien parti ! Grâce à sa boîte (une banque, mais je ne sais pas laquelle), elle a suivi ce qu’on appelle communément, un bilan de compétences. Le résultat a donné ça : son truc, ce serait la vente de chocolats. Dingo non ? A croire que c’est aussi ça le monde du « vrai » travail : vous passez des années à un poste – un poste important ! (ma copine travaille au service marketing), et puis un jour, paf !, comme ça, vous vous mettez à rêver de changement, de donner un nouveau sens à votre carrière : vous cogitez, vous vous interrogez sur vos envies, vos compétences, vos valeurs, et là… vous découvrez que vous pourriez parfaitement vendre des chocolats. Personnellement, je trouve ça extraordinaire. Disons que je trouve ça… romanesque. C’est du vrai Maupassant d’aujourd’hui,  vous ne trouvez pas ? En tout cas, je lui souhaite de réussir son projet à ma copine. Parce que vendre des chocolats, je trouve ça beaucoup plus sympa que de travailler au service marketing d’une banque. Pas vous ?

Rhaaa, du coup je mangerais bien un petit escargot de Lanvin moi…

« Je reviens tout de suite… »

Voilà.

Vous préférez lesquels vous ? Ceux au chocolat noir, ou ceux au lait ? Moi j’aime bien les deux, mais je crois que j’ai quand même une petite préférence pour ceux au lait. Je trouve que le praliné se marie mieux avec le chocolat au lait moi… Mais bon, revenons à nos moutons…

Pour se lancer dans l’écriture d’un roman, et espérer devenir un jour aussi talentueux qu’Antoine de Saint-Exupéry (le mouton… vous suivez ?), pas de formation, donc.

Pas de formation, mais beaucoup de bonne volonté, de persévérance, et surtout… du temps. Oui, écrire un roman mesdameszémessieurs, ça prend du temps. Et à moins d’être mariée à un banquier (décidément la banque, c’est top), vu tout ce que l’on doit déjà faire à côté, en terme de planning… Ouah … ça s’annonce d’emblée compliqué ! Surtout si, entre le moment où l’on prend conscience de ce paramètre « temps », et le moment où l’on écrit la première ligne du futur premier roman, on n’est toujours pas devenue femme de banquier (ce qui, je le précise, ne risque jamais d’arriver… les chiffres et moi ça fait deux !), là… ça se complique vraiment, mais alors, vraiment.

Du coup, on commence à se poser des questions, des tas de questions. Par exemple :

On vit de quoi pendant qu’on écrit ?

Enfin, plus précisément : « putain, comment je vais faire ? ».

C’est là, à ce moment très précis du cheminement, que l’on se met à danser ce que j’appelle « la danse du premier roman ». Un pas en avant, un pas en arrière, un pas en avant, un pas en arrière… C’est assez répétitif comme chorégraphie. Je dirais même… c’est très lassant. Alors, comme pour les chocolats, au bout d’un moment, il faut faire quelque chose, passer à l’action, bref, choisir. On ne peut pas éternellement hésiter dans la vie !

Vous l’aurez compris, pour ma part, j’ai choisi d’y aller.

A ce stade de la lecture, j’attire votre attention mesdameszémessieurs : pour ceux qui ont lu l’article précédent, quand on commence à danser « la danse du premier roman », cela veut dire que l’on a déjà étouffé sous 432 mouchoirs (peut-être 801 en fait), la question de la légitimité. En somme, légitime ou pas, on fait l’autruche sur ce point, et on y va.

On y va, et on se lance dans cette grande aventure. J’ai pu le faire, je dois l’avouer, car un événement est survenu dans ma vie, (le tsunami évoqué dans l’article « C’est quoi ces rêves ? »). Cet événement, même s’il m’a causé beaucoup de soucis et de cheveux blancs, m’a donné, paradoxalement, et pour la première fois de ma vie : du temps. Me retrouvant seule dans la tempête, un peu comme dans cette publicité des années 80, pour un fromage à tartiner je crois, j’étais devenue comme ce type, assis sur sa chaise. Tout s’écroulait autour de lui, et lui restait pourtant campé-là, à déguster son fromage à tartiner. Voilà, moi aussi, j’allais en tartiner des pages, convaincue, bien évidemment, et c’est le propre du premier roman, que mon sujet était LE sujet qui allait plaire à tous : les jeunes et les moins jeunes. Que c’était LE sujet qui allait rassembler tout le monde : ceux de la génération Mitterrand, et les jeunes d’aujourd’hui.

Qu’est-ce que François Mitterrand vient faire ici ? Vous comprendrez plus tard…

Je pensais, donc, que j’étais en train d’aborder mon sujet, celui que j’avais choisi, comme jamais personne ne l’avait fait auparavant. Qu’il allait être repris par les journalistes, bref, que ça allait plaire. C’était mon « vrai » premier roman quand même ! Évidemment, je suis très rapidement tombée de ma chaise. Évidemment, ça ne s’est pas du tout passé comme ça. Évidemment, j’ai été déçue. Comme un amour tant idéalisé, je ne pouvais, que passer à côté.

Pour autant, « Qui es-tu Salomé ? » – c’est le titre de mon « vrai » premier roman, existe. Ça n’est pas un excellent livre, oui, il faut le reconnaître… Mais il a le mérite d’exister.

Ah oui ! Pourquoi « vrai » premier roman ? Parce qu’un autre texte avait été édité, des années auparavant, dans une cave, on peut le dire… Ayant récupéré les droits, j’ai comme projet d’en faire à nouveau quelque chose… je n’en dis pas mot, donc.

Voilà, tout ça pour dire qu’un premier roman, ce n’est pas forcément tout de suite la réussite, mais pour moi, ça été, en tout cas, une sorte de ligne Maginot.

Oui, un premier roman publié, même s’il n’intéresse que la famille et les amis, même si ce n’est pas chez un grand éditeur, et même si ce dernier n’est pas celui où j’aurais dû aller, cela  permet de se construire un petit mur invisible, un système de défense, une forteresse intérieure, qui permet d’avancer. Cette ligne, même si elle ne protège pas au final de l’échec et des attaques extérieures, permet de se dire que vous avez quand même réussi à mener le projet jusqu’au bout, et ça, c’est déjà pas mal…

Le personnage principal de « Qui es-tu Salomé ? » est largement inspiré de la vie d’une fille, devenue femme aujourd’hui, qui m’a toujours fascinée quand j’étais plus jeune. A partir du moment où l’existence de Mazarine Pingeot a été révélée au grand public, j’ai toujours pensé qu’elle était en soi un personnage de roman. Que sa vie toute entière, était un roman. J’ai donc voulu imaginer, dans cette aventure, les 10 jours qui ont précédé le moment où elle a appris l’identité de son père. Comment, le personnage décide de mener elle-même l’enquête. Je crois que l’intrigue tient la route. Mais pour ce qui est de la qualité littéraire, promis, je ferai mieux la prochaine fois 😉

A bientôt !

Mise en page 1

La question de la légitimité…

Alors, j’ai l’air, comme ça, de vouloir raconter le chemin parcouru, comme si j’étais déjà « dans la place », alors que je n’en suis qu’au début du début ! Rhaaaa… mais c’est justement parce que c’est déjà tellement énorme, d’avoir pu accéder à cette première marche ! Telle une lilliputienne qui s’est mis en tête de gravir les trois étages de la Tour Eiffel, j’ai l’impression d’avoir mis trois ans à accéder au premier niveau. Autant dire qu’il y encore du boulot !

Si mes calculs sont bons, je pourrai prétendre à un vrai premier bilan dans six ans 😉

Avant de vous raconter l’aventure du fameux « 1er roman », et des erreurs qui peuvent parfois l’accompagner (je n’y ai pas échappé), j’aimerais vous parler du sentiment de légitimité. Au moment d’écrire le premier mot, de la première page, du premier chapitre, de la toute première histoire, il m’ a fallu tenir compte de ce paramètre : le sentiment de légitimité.

Si vous avez décidé de changer quelque chose dans votre vie, de vous lancer dans une nouvelle aventure, de suivre le chemin que vous savez être le vôtre, comme moi, vous allez sans doute vous apercevoir que la légitimité mesdameszémessieurs, c’est carrément LA question centrale qui se pose à la plupart d’entre nous (pas tous, mais j’en fais partie, vous l’aurez compris), quand il s’agit de redistribuer les cartes, de donner une nouvelle impulsion à son existence, de se lancer vers l’inconnu ou dans un projet fou… bref, de sortir, comme on dit, de sa « zone de confort ».

Je vous explique.

Bien qu’étant dans l’écrit depuis toujours, cette question s’est très vite posée à moi. Et je vous le dis tout de suite, je me la pose encore, et me la poserai sans doute encore longtemps ! Oui, j’avais envie d’écrire (sous-entendu, autre chose que tout ce que j’avais écrit jusqu’alors en tant que journaliste), mais en quoi ma démarche pouvait-elle bien être légitime ? Écrire des histoires, ok, mais quel chemin allais-je bien pouvoir me frayer, dans ce milieu, qui ne m’attendait pas ?

A plusieurs reprises, toujours animée par des tas d’envies, des tas d’idées, j’ai voulu m’y mettre, et à plusieurs reprises, je me suis dit : « laisse tomber ». Un peu comme si j’avais croisé sur ma route un homme extraordinaire, que j’en serais instantanément tombée amoureuse, tout en pensant, au fond de moi : « ça ne marchera jamais ». Sous-entendu, bien sûr… Je suis une grosse trouillarde !

Bah oui, avouez que ça fait peur… hein ?

Un jour, j’ai pourtant réussi à dépasser ma peur… C’était un de mes rêves d’enfance quand même !

Commencer à y croire, je vous le dis tout de suite, cela ne m’a pas empêché de me poser des tas de questions… un peu comme quand on tombe amoureux, justement.

Oui, ma rencontre avec l’écriture, ça été un peu comme une histoire d’amour. Mais une histoire d’amour pas comme les autres… Je suppose que l’on pourrait dire la même chose de n’importe quelle rencontre déterminante que l’on fait dans la vie. Au moment où cela arrive, nous savons, dans le fond, que cela va être important pour nous, mais c’est tellement nouveau… comment savoir à l’avance quelle forme l’histoire va bien pouvoir prendre ? Oui, au début, quelle que soit l’entreprise dans laquelle nous nous lançons – monter un restaurant, quitter la ville pour la campagne, reprendre des études, déclarer sa flamme à quelqu’un, que sais-je encore… – notre petite voix intérieure nous murmure d’y aller, mais qu’est-ce qui fait, que l’on décide de l’écouter, ou pas ? Qu’est-ce qui fait que l’on décide d’aller vers ce besoin d’exister « autrement » ?

Écrire, j’aurais très bien pu me dire, qu’au bout de centaines d’articles et une douzaine de guides pratiques écrits, je savais à peu près le faire… Mais écrire « autrement » ? Je n’avais jamais pris cette liberté. Sans doute par peur, donc, mais aussi par fainéantise. Aller au bout de ses rêves, ça demande du travail !

Et puis, est arrivé le tsunami évoqué dans l’un de mes précédents billets. Et puis, est arrivée la VRAIE peur. La peur suprême… D’un seul coup, c’était comme si, une fois passée si près de la fin du monde, de mon monde, je n’avais pas eu d’autre choix que d’écouter cette petite voix intérieure et la pulsion de vie qui l’accompagnait.

C’est l’avantage, quand on traverse certaines épreuves : ça peut faire un effet dingue, un truc qui vous réveille d’un seul coup. Certains disent même que ces épreuves sont là pour ça : pour nous révéler à nous-même… Du coup, avoir connu la grande peur, m’a fait relativiser les autres. C’est à ce moment-là, que j’ai décidé de rendre mon amour légitime. Car cette inclinaison pour l’écriture, comme j’aurais pu en avoir pour la peinture ou encore la danse, c’était un peu comme assumer enfin mon désir. Oui, c’était un peu comme retomber à nouveau amoureuse, et avoir envie de prendre à nouveau des risques. C’était revenir… du côté de la vie !

Pour autant…

… il faut l’avouer, même dans leur vibrante nécessité, tous ces sentiments contradictoires, ces chamboulements, ces moments de doutes au début d’une relation… c’est fatigant ! On serait même enclin à se dire qu’on serait mieux sur son vélo, au cinéma, ou je ne sais où encore… à profiter des petits bonheurs de la vie, au lieu de rester planté-là, à se torturer l’esprit avec des tas de questions : « est-ce que je vais trouver les bons mots ? Est-ce que je suis suffisamment en confiance pour me lancer dans cette histoire ? Est-ce que l’autre va me comprendre ? Est-ce que je vais lui plaire ? Est-ce que ce que je dis résonne en lui ? Vous voyez, écrire, c’est exactement ça. C’est se poser, avant même d’avoir commencé l’histoire, les mêmes questions que pour un amour : « est-ce que je suis assez bien pour eux ? (Les éditeurs d’abord, les lecteurs imaginaires ensuite). Est-ce qu’ils vont me comprendre ? » Et rebelote… « Est-ce que je vais leur plaire ? »

Allez, je vais faire un tour de vélo tiens !

Et puis c’est quand on est sur son vélo justement, qu’on continue à penser à tout ça – parce que quand on est amoureux, on y pense tout le temps, et ça, c’est à la fois exaltant et épuisant hein ? – on est sur son vélo, donc, et on se dit : et puis zut alors ! Pourquoi pas moi ? On rentre chez soi, toute contente d’avoir pris l’air, et on y retourne, parce que l’appel est trop fort, trop puissant. On y retourne, et on s’y met. Si quelque chose m’appelle par- là, il faut bien que j’y aille non ? Sinon, je risque de passer à côté ? Et ça, ce serait dommage… Allez, je risque quoi ? De me tromper ? De me rendre compte que ce n’était pas pour moi au final ? Et alors ? Je ne serais pas la seule à qui ça arrive ! Les mots, l’émoi, c’est une prise de risque, c’est vrai. Cela demande de faire fi de toutes les croyances accumulées jusque-là. Mettre de côté ses habitudes d’avant, ses certitudes… en remettant tout à plat. Pour la légitimité… Je me dis que le temps fera les choses. On est légitime à partir de quand de toute façon ? Quand on est édité ? Au bout de combien de livres ? Quand on en vit ? Quand on vend bien ? Sachant que peu d’auteurs ne vivent que de leur plume, on est en droit de se poser la question. Une question dont je n’ai pas la réponse, et que beaucoup d’auteurs se posent je pense.

Alors, légitime ou pas, la question n’est pas de savoir aujourd’hui si c’est bien raisonnable tout ça, ni de savoir s’il faut renoncer. Maintenant que j’y suis, il faut y aller ! Même si finalement je n’arrive pas tout en haut de la Tour Eiffel, pas question de renoncer. Même si par moments, c’est dur, et que le découragement, ça peut même faire couler des larmes, je me dis qu’après tout, les fleurs… elles poussent grâce à l’eau non ?

A bientôt !

D’un François à l’autre…

Pour débuter ce nouvel article, j’aurais tellement voulu me souvenir du prénom de mon professeur de presse écrite d’il y a longtemps. Cela m’eût été utile que son prénom soit François. Mais j’ai beau cherché, je ne m’en rappelle pas. Je vous expliquerai plus loin, pourquoi, ce professeur, qui ne s’appelait sans doute pas François donc, avait dit une chose dont je me souviens aujourd’hui encore à ses étudiants. Je la trouvais, à l’époque déjà, totalement réac. Vous allez comprendre…

Aujourd’hui, je veux vous parler du décloisonnement.

Le décloisonnement ? Encore un concept d’architectes me direz-vous ? Nooon ! Le décloisonnement, c’est plutôt une idée qui me tient à cœur, et qui a été ravivée par François Busnel dans La Grande Librairie hier soir, alors que je l’écoutais, religieusement, devant mon poste de télévision. Je l’ai écouté, et cela m’a donné envie de lui écrire une lettre, qui, du coup, me fait penser à un autre François…

Cher François, grâce à toi, la littérature dite  » jeunesse » a réalisé son rêve d’enfance hier soir (pardon, mais les rêves d’enfance, c’est un peu le fil rouge de ce blog, donc je me suis engagée avec moi-même à faire apparaître au moins une fois les mots « rêve d’enfance » dans chaque article).

Cher François, donc, je te remercie chaleureusement. En tant que toute jeune auteure, qui débute dans le métier, j’étais heureuse que cette émission ait pu avoir lieu hier soir, et qu’à une heure de grande écoute,  la littérature dite « jeunesse » soit mise à l’honneur. En tant que femme, je voulais aussi te remercier, car nous avons presque atteint la parité chez les invités. Et ça, c’est chouette. J’espère qu’il y en aura d’autres… je veux dire, des émissions comme celle-là… Voir même, que tu envisageras d’attribuer, dans chacune de tes émissions consacrées à la littérature « vieillesse », (puisque tu sembles dire qu’elles vont être rallongées à partir de janvier 2016, et ça, par les temps qui courent, c’est quand même une sacrée bonne nouvelle), que tu attribueras, donc, un temps pour la jeunesse. Bah oui, LA JEUNESSE… tu sais ? Ce truc super important. Si tu as lu mon article d’hier François, j’y écrivais que je croyais très fort à l’idée que toutes les grandes choses (ou moins grandes d’ailleurs) que nous réalisons, nous viennent de là, de l’enfance… donc de la jeunesse. C’est dire, combien c’est capital.

Bon, une fois que j’ai répété ça, ok d’accord… et donc ?

Et donc, comme la jeunesse, c’est super important, voire même essentiel pour bien vieillir, enfin, je veux dire, pour devenir un adulte à peu près bien dans ses baskets, je me dis que c’est un peu dommage de continuer, en 2015, à opposer la littérature « jeunesse » à la littérature « vieillesse » (comme tout un tas d’autres trucs d’ailleurs, s’il n’y avait que ça…). Je sais François, c’est juste une convention journalistique, mais justement, à force, ce sont les prescripteurs que représentent les journalistes, qui finissent par faire entrer dans la tête des gens qu’il faut forcément opposer, stigmatiser, cataloguer, classer. Finissons-en avec ces petites cases. Si je m’attarde uniquement sur le sujet qui nous intéresse aujourd’hui François, toi, l’amoureux des livres – ça se voit que tu les aimes les livres : tu parles à tes invités avec une fascination qui flirte avec l’état dans lequel nous nous trouvons lorsque nous tombons amoureux – pourquoi, donc, si, comme toi, on aime les livres de manière générale, faut-il opposer « vieillesse » et « jeunesse » ou l’inverse. Oui, je sais, il faut bien nommer les choses. Mais dans ce cas, trouvons autre chose. Je ne suis pas une grande spécialiste, mais il me semble tout de même que dans ce domaine, les choses bougent non ? Il faut se mettre à la page François ! Oui, il me semble que de plus en plus d’adultes lisent des livres estampillés « jeunesse ». Et que l’inverse est valable aussi. Combien de pré-ados et d’ados lisent des livres dits pour « adultes ». Diantre ! Cessons ces clivages ! Alors oui, un enfant doit rester un enfant, je ne suis pas en train de dire qu’il faut tout lui mettre entre les mains. Mais pour les adultes, c’est différent : il y a des tas de gens à qui ça ferait un bien fou de lire plus souvent des livres dits « pour enfants ». C’est moins dangereux que les antidépresseurs, et en plus, ça rapporterait plus d’argent aux auteurs, moins aux laboratoires pharmaceutiques.

A quand des prescriptions de livres chez le médecin ?

Bref, bon sang de bonsoir, décloisonnons un peu les choses, c’est ça qui dépoussiérerait les esprits ! Pourquoi ne pas faire passer le message que les livres jeunesse, (puisqu’ils sont rangés là), regorgent de trésors précieux, de personnages incroyables, de fraîcheur inestimable, d’intrigues époustouflantes, d’émotions intenses… Pourquoi ne pas encourager tout le monde à en lire ? Les grands, comme les petits. Et pas seulement à Noël fichtre !!! Pourquoi ne pas mettre tout le monde au même niveau ? Les enfants ont bien le droit d’écouter Brel… ou Piaf, c ‘est même recommandé non ?  Alors pourquoi ne pas inviter des auteurs dits « jeunesse » à la même table que tes autres invités ? Je sais, c’est utopique, mais si tu essayais, de mélanger les deux, dans tes prochaines émissions ? Il y a tant de gens qui écrivent des choses formidables dans cette catégorie, souvent en lien avec des thématiques d’actualité, avec la société d’aujourd’hui. Il y a de « vraies » réalités abordées dans ces livres. Et de la légèreté aussi ! Bref, des tas de choses que tu pourrais explorer, au même titre que les autres. Cela permettrait, de surcroît, de lever certaines inégalités de traitement entre auteurs « pour adultes » et auteurs « pour enfants », sur lesquelles je ne m’attarderai pas ici, car ce n’est pas l’objet de l’article.

L’écriture et les mots, puisque c’est aussi un des sujets de ce blog, sont des rivières qui coulent, et qui irriguent nos cœurs. C’est la littérature en général qu’il faut promouvoir, encore et encore, l’art de manier les mots, la langue… de la faire chanter. On le sait, même un dessin est une phrase littéraire ! Le célèbre PEF l’a démontré hier soir encore… Tu aimes bien les dessins aussi je crois… Alors ? Pourquoi ce clivage avec la littérature « jeunesse » ? J’ai bien aimé ton émission, mais j’aimerais qu’elle serve aussi à réfléchir à une nouvelle manière de voir les choses.

Pour essayer de mettre une image, un visage, sur ce que je vois derrière cette idée du décloisonnement, c’est à un autre François que je pense : François Morel. Voilà un homme qui est capable, avec la même matière première que représentent les mots, d’être comédien, humoriste, écrivain, poète, éditorialiste et j’en oublie sans doute encore. Il nous fait rire, nous fait pleurer, nous sensibilise… nous émeut, tout ça en se fichant pas mal de savoir dans quel catégorie il se range. Un homme de culture, inclassable ! Voilà, François Morel c’est l’incarnation même du décloisonnement, et il représente, à mon sens, la culture accessible à tous. En décloisonnant, on ouvre l’accessibilité. C’est tout simple.

Quant à mon professeur de presse écrite, si je pense encore à lui aujourd’hui,  tu imagines bien, François, que c’est évidemment parce qu’il a voulu nous enseigner tout le contraire. « Si vous venez ici pour faire de la littérature, vous pouvez quitter la salle tout de suite » nous avait-il dit, lors de notre premier cours avec lui… Hum… Des années après, elle résonne encore en moi. Par ailleurs journaliste depuis 18 ans, je suis sensible à ces questions d’écritures multiples. Or, quand j’écoute, sur France Inter, les chroniques de François Morel, mais aussi celles de ses confrères et consœurs, je me dis que sous leurs casquettes d’éditorialistes (donc de journalistes), c’est bel et bien de la littérature qu’ils écrivent. Je me dis surtout que le monde a changé, et qu’on ne peut plus fonctionner avec de vieux poncifs, peut-être encore enseignés dans les écoles d’ailleurs, je ne sais pas… Où est la frontière entre journalisme et littérature, lorsque l’on écoute ces « plumes » ? Où est la frontière entre un dessin de presse et un éditorial ? Où est la frontière entre les livres « jeunesse » (ils regorgent de dessins et les illustrateurs sont des auteurs) et les autres ?

Je me dis peut-être qu’il n’y en a pas en fait… Et que c’est ça, le nouveau monde.

A bientôt !

C’est quoi ces rêves ?

A la quarantaine, tout plaquer ou presque (je n’ai pas plaqué mes enfants), pour se mettre à écrire…Hum… voilà qui peut être perçu comme une lubie pour les uns, une folie pour les autres… J’avoue : il fallait être un peu inconsciente pour se lancer comme ça, en ayant, en plus, le culot d’y croire. En même temps, règle n°1 : ne pas y croire un minimum, c’était partir déjà perdante. Au départ, je n’ai donc pas eu d’autre choix que d’y croire.

Aujourd’hui, je descends de mon petit nuage de rêveries pour vous raconter enfin ce que sont « Mes rêves d’enfance(s) ».

« Mes rêves d’enfance(s) » c’est « ma maison à moi ». Elle vient puiser ses origines dans l’enfance, comme toutes les grandes choses que nous réalisons, ou pas, dans la vie. C’est ma conviction mesdameszémessieurs… et elle n’engage que moi !

A ce titre, j’ai d’ailleurs le fol espoir de vous donner l’envie de partager ici les vôtres, de rêves d’enfance… Je vous en reparlerai…

Alors, c’est quoi cette maison ? Premier point sur lequel j’attire votre attention : l’ouvrage est en cours de construction. Si je devais me mettre dans la peau d’un architecte, je dirais, pour résumer, que j’en suis au stade du clos et couvert. Ça veut dire quoi le clos et couvert ? En gros, ça veut dire que les murs porteurs sont debout, que le toit est fixé, et que les portes et fenêtres sont posées. Pour le reste du confort, il va falloir encore de la patience…

Dans cette maison qui est la mienne, je peux m’abriter en cas de tempête, me réfugier, en cas de besoin, et me construire, petit à petit, une identité d’ « auteure », c’est-à-dire l’identité d’une personne qui écrit, en espérant un jour en vivre (un peu). Comme j’aime souvent à le dire, c’est ici, que se construit progressivement, « l’essentiel ». C’est ici, que s’exprime cette petite voix qui résonne en chacun de nous, et que l’on choisit d’écouter, ou pas…

Ici, c’est chez moi, et je vous ouvre donc grande la porte de ma maison.

Commençons par cette phrase :

« Écrire, c’est savoir ce que l’on écrirait, si l’on écrivait… On ne le sait qu’après ».

C’est avec elle, Marguerite Duras, que je débute chaque nouvel atelier d’écriture que j’anime. Je la trouve stupéfiante, tant elle résume, pour moi, ce qu’est l’acte même d’écrire.

Je ne suis qu’au début du chemin, et si vous saviez tout ce que j’ai déjà à vous raconter ! Je me suis réellement lancée il y a quoi…trois ans ? Que de péripéties depuis !

Je ne savais pas où tout cela me mènerait… Je savais juste que j’avais tout. Un mari, un appartement, une maison de campagne, une voiture, des vacances ici, puis là… une vie sociale très riche aussi… A la maison, il y avait toujours une bouteille de champagne au frais ! J’avais tout, et pourtant, quelque chose n’allait pas…

C’est peut-être parce que j’avais tout, que ma vie ne pouvait pas s’arrêter là… C’est peut-être parce que j’avais tout, qu’il a fallu que je reparte à zéro, et admettre, enfin, que je ne pouvais pas vivre sans écrire.

L’idée a commencé à faire son chemin il y a 5 ans, presque jour pour jour. Mais à partir de ce moment-là, il a m’a fallu attendre encore deux ans environ, pour me lancer vraiment.

A l’époque, un évènement – que dis-je un évènement ?- un tsunami, est venu chambouler ma vie… et ça été un peu comme un tremblement de terre qui vient tout remettre en question. Vous voyez ? Un truc qui créer des failles, mais celles-là étaient fertiles ! C’est dans ces eaux qu’est né le besoin impérieux de me lancer, après des décennies de sages hésitations. Au moment de la secousse, sans vraiment me le formuler, je savais, au fond de moi, qu’une fois sortie de la tempête, les choses s’apaiseraient, mais que le vent continuerait à souffler. Un vent contraire, que j’allais devoir me prendre en pleine face, mais qui ne m’empêcherait pas d’avancer… ça allait juste mettre du temps, c’est tout. C’est sûr,  je me suis pris pas mal de vents ! De la poussière dans les yeux aussi… mais bon, ça ne m’a pas empêché de cheminer.

Dans les grandes lignes, je savais à peu près où j’allais, même si je ne savais pas trop si j’arriverai un jour à destination, et surtout, comment. Enfin je veux dire : dans quel état ? J’avais décidé d’écrire, c’était bien beau, mais écrire quoi ? J’avais décidé d’écrire, mais comment se faire éditer ? J’avais décidé d’écrire, mais comment en vivre ? J’avais décidé d’écrire, mais comment trouver le temps et l’énergie, seule, avec 3 enfants… c’était mission impossible !

Je confirme, mais je nuance : la mission est (presque) impossible 🙂

Je dis « presque », parce que malgré les difficultés, la persévérance et le travail ont payé, et un début de quelque chose est né de tout cela. Et s’il y a un début, en toute logique, il devrait y avoir une suite non ?

Alors maintenant, et j’en reviens à l’objet de cet article, il s’agit de prendre le temps de revenir sur tout ça… De vous raconter cette histoire… L’histoire de « Mes rêves d’enfance(s) », de ce blog, de cet univers, de vous dévoiler quelques secrets, mais aussi les hauts, les bas, les bonheurs, les désillusions, les enthousiasmes, les belles rencontres, les projets présents, et futurs… Tout ce que l’on traverse lorsque l’on arrive de nulle part, et que l’on choisit ce chemin-là…

Comme Matteo, un des petits personnages né ici, je me suis bien amusée, perchée sur mon nuage à rêves… Cela m’a permis d’atterrir en douceur et de travailler ma « légitimité » à exercer ce métier, car l’écriture, et j’y reviendrai, c’est un métier !

Encore quelques semaines de ces petits dessins qui ont grandi avec moi sur ce blog, et la page se tournera sur d’autres aventures. Rose et Matteo vont essayer de grandir ailleurs et autrement… (Avec Aurélie nous y travaillons). Et ici, il va se passer tout un tas d’autres choses maintenant.

A bientôt !