Le premier roman

La première marche de l’escalier, qui mène au premier étage de la Tour Eiffel (il faut avoir lu l’article « La question de la légitimité » pour comprendre), qu’est-ce que ça peut bien être à votre avis ? Vous avez une petite idée ?

Non ?

Hum… C’est à se demander si vous lisez bien les titres de mes articles vous !

Bah oui, c’est le premier roman ! Merci à ceux qui suivent, au premier rang 🙂

La première marche, donc, c’est le fameux, le légendaire, l’incontournable « premier roman ». Celui dans lequel on place toute sa foi, son énergie, ses superstitions. Celui dont a rêvé longtemps, tout en pensant qu’on n’y arriverait jamais… Et ça n’a rien à voir avec le fait de partir perdant. Absolutely not ! Mais… comment vous dire ? Disons que ça ne se tricote pas en cinq, ni en sept matins un truc pareil… Écrire un roman, ça n’est pas facile, facile… et de surcroît, il n’y a pas de formation pour ça ! Le Fongecif, pour ce genre de projets, ça ne marche pas. Si j’avais voulu me reconvertir en suivant une formation, il aurait fallu que je m’oriente vers autre chose. Que je change pour… vendre des chocolats par exemple ! Il aurait déjà fallu que je sois salariée, c’est sûr… mais ce détail mis à part, figurez-vous que j’ai une copine, pour qui, vendre des chocolats, ça semble bien parti ! Grâce à sa boîte (une banque, mais je ne sais pas laquelle), elle a suivi ce qu’on appelle communément, un bilan de compétences. Le résultat a donné ça : son truc, ce serait la vente de chocolats. Dingo non ? A croire que c’est aussi ça le monde du « vrai » travail : vous passez des années à un poste – un poste important ! (ma copine travaille au service marketing), et puis un jour, paf !, comme ça, vous vous mettez à rêver de changement, de donner un nouveau sens à votre carrière : vous cogitez, vous vous interrogez sur vos envies, vos compétences, vos valeurs, et là… vous découvrez que vous pourriez parfaitement vendre des chocolats. Personnellement, je trouve ça extraordinaire. Disons que je trouve ça… romanesque. C’est du vrai Maupassant d’aujourd’hui,  vous ne trouvez pas ? En tout cas, je lui souhaite de réussir son projet à ma copine. Parce que vendre des chocolats, je trouve ça beaucoup plus sympa que de travailler au service marketing d’une banque. Pas vous ?

Rhaaa, du coup je mangerais bien un petit escargot de Lanvin moi…

« Je reviens tout de suite… »

Voilà.

Vous préférez lesquels vous ? Ceux au chocolat noir, ou ceux au lait ? Moi j’aime bien les deux, mais je crois que j’ai quand même une petite préférence pour ceux au lait. Je trouve que le praliné se marie mieux avec le chocolat au lait moi… Mais bon, revenons à nos moutons…

Pour se lancer dans l’écriture d’un roman, et espérer devenir un jour aussi talentueux qu’Antoine de Saint-Exupéry (le mouton… vous suivez ?), pas de formation, donc.

Pas de formation, mais beaucoup de bonne volonté, de persévérance, et surtout… du temps. Oui, écrire un roman mesdameszémessieurs, ça prend du temps. Et à moins d’être mariée à un banquier (décidément la banque, c’est top), vu tout ce que l’on doit déjà faire à côté, en terme de planning… Ouah … ça s’annonce d’emblée compliqué ! Surtout si, entre le moment où l’on prend conscience de ce paramètre « temps », et le moment où l’on écrit la première ligne du futur premier roman, on n’est toujours pas devenue femme de banquier (ce qui, je le précise, ne risque jamais d’arriver… les chiffres et moi ça fait deux !), là… ça se complique vraiment, mais alors, vraiment.

Du coup, on commence à se poser des questions, des tas de questions. Par exemple :

On vit de quoi pendant qu’on écrit ?

Enfin, plus précisément : « putain, comment je vais faire ? ».

C’est là, à ce moment très précis du cheminement, que l’on se met à danser ce que j’appelle « la danse du premier roman ». Un pas en avant, un pas en arrière, un pas en avant, un pas en arrière… C’est assez répétitif comme chorégraphie. Je dirais même… c’est très lassant. Alors, comme pour les chocolats, au bout d’un moment, il faut faire quelque chose, passer à l’action, bref, choisir. On ne peut pas éternellement hésiter dans la vie !

Vous l’aurez compris, pour ma part, j’ai choisi d’y aller.

A ce stade de la lecture, j’attire votre attention mesdameszémessieurs : pour ceux qui ont lu l’article précédent, quand on commence à danser « la danse du premier roman », cela veut dire que l’on a déjà étouffé sous 432 mouchoirs (peut-être 801 en fait), la question de la légitimité. En somme, légitime ou pas, on fait l’autruche sur ce point, et on y va.

On y va, et on se lance dans cette grande aventure. J’ai pu le faire, je dois l’avouer, car un événement est survenu dans ma vie, (le tsunami évoqué dans l’article « C’est quoi ces rêves ? »). Cet événement, même s’il m’a causé beaucoup de soucis et de cheveux blancs, m’a donné, paradoxalement, et pour la première fois de ma vie : du temps. Me retrouvant seule dans la tempête, un peu comme dans cette publicité des années 80, pour un fromage à tartiner je crois, j’étais devenue comme ce type, assis sur sa chaise. Tout s’écroulait autour de lui, et lui restait pourtant campé-là, à déguster son fromage à tartiner. Voilà, moi aussi, j’allais en tartiner des pages, convaincue, bien évidemment, et c’est le propre du premier roman, que mon sujet était LE sujet qui allait plaire à tous : les jeunes et les moins jeunes. Que c’était LE sujet qui allait rassembler tout le monde : ceux de la génération Mitterrand, et les jeunes d’aujourd’hui.

Qu’est-ce que François Mitterrand vient faire ici ? Vous comprendrez plus tard…

Je pensais, donc, que j’étais en train d’aborder mon sujet, celui que j’avais choisi, comme jamais personne ne l’avait fait auparavant. Qu’il allait être repris par les journalistes, bref, que ça allait plaire. C’était mon « vrai » premier roman quand même ! Évidemment, je suis très rapidement tombée de ma chaise. Évidemment, ça ne s’est pas du tout passé comme ça. Évidemment, j’ai été déçue. Comme un amour tant idéalisé, je ne pouvais, que passer à côté.

Pour autant, « Qui es-tu Salomé ? » – c’est le titre de mon « vrai » premier roman, existe. Ça n’est pas un excellent livre, oui, il faut le reconnaître… Mais il a le mérite d’exister.

Ah oui ! Pourquoi « vrai » premier roman ? Parce qu’un autre texte avait été édité, des années auparavant, dans une cave, on peut le dire… Ayant récupéré les droits, j’ai comme projet d’en faire à nouveau quelque chose… je n’en dis pas mot, donc.

Voilà, tout ça pour dire qu’un premier roman, ce n’est pas forcément tout de suite la réussite, mais pour moi, ça été, en tout cas, une sorte de ligne Maginot.

Oui, un premier roman publié, même s’il n’intéresse que la famille et les amis, même si ce n’est pas chez un grand éditeur, et même si ce dernier n’est pas celui où j’aurais dû aller, cela  permet de se construire un petit mur invisible, un système de défense, une forteresse intérieure, qui permet d’avancer. Cette ligne, même si elle ne protège pas au final de l’échec et des attaques extérieures, permet de se dire que vous avez quand même réussi à mener le projet jusqu’au bout, et ça, c’est déjà pas mal…

Le personnage principal de « Qui es-tu Salomé ? » est largement inspiré de la vie d’une fille, devenue femme aujourd’hui, qui m’a toujours fascinée quand j’étais plus jeune. A partir du moment où l’existence de Mazarine Pingeot a été révélée au grand public, j’ai toujours pensé qu’elle était en soi un personnage de roman. Que sa vie toute entière, était un roman. J’ai donc voulu imaginer, dans cette aventure, les 10 jours qui ont précédé le moment où elle a appris l’identité de son père. Comment, le personnage décide de mener elle-même l’enquête. Je crois que l’intrigue tient la route. Mais pour ce qui est de la qualité littéraire, promis, je ferai mieux la prochaine fois 😉

A bientôt !

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