Mes rêves d’enfance(s), la série

Le voici, le voilà… le petit billet, au cœur de l’été !

A mi-chemin entre août et juillet, un petit coup de projecteur sur l’avancée du projet « Mes rêves d’enfance(s) ». Il était temps, me direz-vous ! Oui, je sais, je suis une tortue… Vu de l’extérieur, on pourrait donc penser que ça n’avance pas bien vite. Que nenni ! Des tas de  petites graines ont été semées, et, fortes de patience, de persévérance – et d’amour aussi-, elles commencent à pousser. Il suffit parfois de rêvasser, et les choses finissent par arriver :-)

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Avec Aurélie Cacérès, nous sommes en train de formaliser ce qui sera notre dossier « officiel », celui qui nous permettra de démarcher le CNC (Centre National de la Cinématographie), mais aussi les chaînes, les producteurs… voire même peut-être des mécènes, qui pourraient croire en notre petit personnage : Rose.

C’est quoi ces rêves ?

C’est vrai à la fin, toutes ces images publiées sur le blog, ça correspond à quoi ? Vous êtes nombreux à m’avoir posé la question. L’univers est là, le personnage aussi, mais concrètement, c’est quoi le concept ? Pour être tout à fait honnête, je suis bien incapable de dire comment ces rêveries sont nées. Elles étaient probablement enfouies en moi depuis longtemps, et ce qui ne devait être au début, qu’une carte de visite virtuelle, s’est transformé en vrai projet, avec note d’intention littéraire, technique, pitchs etc. Autant de termes qui ne m’étaient pas vraiment familiers, et qu’il m’a fallu comprendre, apprivoiser… On ne croirait pas comme ça, mais c’est une sacrée gymnastique !

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Le concept de « Mes rêves d’enfance(s) »

L’heure est donc venue de tout vous expliquer, ou presque. Bah oui… je ne peux pas tout vous dévoiler. Juste vous dire que nous nous acheminons vers un projet de série animée en 2D de 26 épisodes bouclés d’1 minute 30, destinée à la petite enfance. Chaque épisode raconte le rêve « éveillé » d’une petite fille, qui, par la puissance de son imaginaire, a une façon bien à elle de contourner les évènements désagréables de la vie (peurs, frustrations, chagrins etc.), en les transformant en moments de poésie. Grâce à la série, vous allez découvrir tout ce qui se passe en amont de l’image finale, avant l’apogée du rêve. Comme une pirouette, un pied de nez à la réalité, ces voyages intérieurs constituent une marque de fabrique dont Rose est la seule à détenir le secret. Et ça marche !

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Avec Rose, le jeune spectateur découvre, à chaque épisode, une nouvelle astuce, une ressource singulière, dans lesquelles puiser. Elles constituent autant d’alternatives possibles à sa propre manière de résoudre ses problèmes. La particularité de cette série repose aussi le lien intergénérationnel qu’elle créer, selon une modalité qui reste pour l’instant notre secret de fabrication !

Voilà comment Rose poursuit son chemin… Celui de ses rêves…

A très bientôt !

 

Merci les 4èmeE de Châtenay Malabry !

Rhaaaa…. Enfin du temps !

 Enfin… parce qu’il ne s’agirait pas non plus d’oublier de venir écrire des petites choses sur cet espace hein ! J’ai prévu bientôt un billet sur la vie des « slasheurs », vous savez, les gens qui ont plusieurs métiers. Parce que pendant longtemps, je n’ai pas su quoi répondre lorsqu’on me demandait : « Et toi ? C’est quoi ton job ? » J’avais peur d’être trop longue, trop alambiquée. Et puis, c’est une question que l’on peut vite regretter, quand le type ou la nana en profite, en retour, pour vider son sac : « toi tu as de la chance au moins, tu fais des trucs que tu aimes… » (sous-entendu, tu ne gagnes pas des millions, mais au moins tu t’éclates ). « Moi, le boulot, c’est tellement pas drôle… » Dans ces cas-là, c’est vrai que quand on aime plus que bien son job, on est gêné. Limite on culpabilise. Heureusement, depuis que j’ai découvert ce nouveau mot « slasheuse », je sais quoi répondre ! Me voici enfin parée d’un truc intelligent à dire. J’existe, socialement parlant. J’appartiens à une caste, à une catégorie, au chaud dans ma petite case…

Je suis « slasheuse ».

Vous vous demandez plus précisément ce que cela implique ? Patience mesdameszémessieurs, je vous explique tout, très bientôt.

En attendant, place à une petite séquence émotion…

( Cœur battant)… Rhaaa… Qu’est-ce que je les aimé alors, ces ateliers d’écriture au collège Pierre Brossolette de Châtenay Malabry. Ils étaient tellement mignons « mes » 4èE. A vrai dire, c’était surtout ceux de Me Fischer, la super prof de français avec qui j’ai monté ce projet. Vous savez, ces projets qui ne peuvent exister QUE grâce à la volonté, l’enthousiasme, la motivation, d’une super prof de français. Elle me les prêtait ses élèves, le mardi matin, une semaine sur deux.

Et c’était vraiment chouette…

Si vous saviez, ce qu’ils ont réussi à écrire, à partir d’une simple photo… Renversant !

Ils m’ont laissé de jolis commentaires aussi.  Alors, quand on a l’impression d’avoir, au moins un tout petit peu, sans prétention aucune, transmis quelque chose… c’est précieux, et ça compense tellement les moments où l’on se dit qu’on ferait mieux de décrocher un CDI au chaud, dans n’importe quelle boîte pourvue d’un 13ème mois, que je ne résiste pas à l’envie de partager cela avec vous.

Allez, petit florilège de retours, qui font du bien…

« Je pense que cela a aidé beaucoup de personnes à s’exprimer et à mieux écrire »

« C’est une super activité qui aide à partager »

« L’ambiance était joyeuse »

« J’ai remarqué que les profs étaient très investis dans ce projet, je trouve ça génial »

« Ça me donne plus envie d’écrire »

« Ça nous permet de laisser libre cours à notre imagination »

Lui, je vous préviens, c’est un futur romancier :

« J’ai appris à marquer des pauses, tout en restant dynamique dans mon récit »

« En petits groupes, c’était calme, on travaillait mieux »

« J’ai bien aimé les moments où on lisait »

« J’ai bien aimé quand on conseillait les autres sur leurs histoires »

Et attention… ma phrase préférée :

« Je ressens de la fierté d’avoir écrit un récit »

Bon, en toute honnêteté, certains ont dit aussi que 10 séances, c’était parfois un peu long… Mais globalement, ils étaient contents :-)

Constance Joly – Girard

Rhaaa… Ce billet aussi aura été long à sortir ! En même temps, pour ceux qui suivent, je vous rappelle que je suis en mode « lenteur ».

Oui… écrire sur ma rencontre avec Constance Joly-Girard, cela faisait un moment que ça me trottait dans la tête. Mais… je ne pouvais pas le faire avant. Je ne pouvais pas, parce qu’avant, elle et moi, on avait les mains dans le cambouis, ou dans la glaise, c’est comme vous voulez.

Pour les initiés qui passeraient jeter un œil sur ce blog, pas besoin de présenter Constance. Pour les non-initiés, vous allez comprendre pourquoi cette rencontre est importante pour moi, et pourquoi elle mérite que je lui consacre un billet.

Constance Joly-Girard est une ancienne éditrice, qui s’est lancée dans l’accompagnement littéraire. Son travail consiste à suivre les auteurs, à différents stades de leur écriture, en les aidant à améliorer leur plume, leur style, à soigner leurs intrigues… bref, à faire en sorte que leur projet d’histoire puisse leur apporter satisfaction, et dans le meilleur des cas (c’est la cerise sur le gâteau), aboutir à une publication. Vous imaginez bien qu’au stade où j’en suis, l’idée même qu’un professionnel de la profession puisse s’intéresser aussi sérieusement, et j’insiste sur ce mot, à l’un de mes textes, ne m’effleurait même pas l’esprit… Je n’avais donc pas du tout prévu de faire appel à Constance.

Je n’avais pas prévu de faire appel à Constance mais… et c’est ici que le poète a raison : le hasard, s’est transformé en rendez-vous.

J’ai contacté Constance un jour après avoir envoyé à quelques éditeurs LE texte, MON texte, celui qui m’obsède et m’anime depuis des années maintenant. Un texte court, sur une naissance pas comme les autres,  qui parle de la vie, de l’amour, de la famille et surtout… de l’attente. Il s’agit d’un texte sur la prématurité, et c’est celui que j’aurais aimé trouver en librairie pour mes filles, lorsque leur petite sœur est née. Un texte, je le précise, qui est tout, sauf un texte d’hôpital. Et ça, Constance l’a tout de suite compris. C’est un texte qui traite d’un sujet dit « sensible », et que les éditeurs ont peur de publier, malgré la demande forte des professionnels de santé et des parents à voir exister un tel album. Un texte difficile pour débuter, c’est vrai, mais moi… il fallait que j’accouche encore une fois :  il m’était vital de l’écrire. Dans ce contexte, je l’ai envoyé à l’aveuglette. Et c’est le lendemain seulement, après cette série d’envois, que j’ai vu passer une annonce sur les activités de Constance.

Je ne sais pas comment vous expliquer, mais en allant visiter son site, j’ai tout de suite senti que je pouvais lui faire confiance. Mince… J’avais déjà envoyé mon texte, mais tant pis, j’avais quand même envie d’avoir son avis à elle. J’insiste aussi sur ce mot : la confiance. Compte-tenu du sujet, de ce que cela impliquait pour moi de raviver certains souvenirs, il ne s’agissait pas de mettre ce texte entre les mains de n’importe qui.

Et mon instinct ne m’a pas trompé.

Très rapidement, Constance s’est révélée être une évidence. Sans qu’elle mesure, je pense, cet aspect-là de la collaboration, elle est devenue l’ancre, la branche à laquelle je me suis accrochée, et qui, dans les moments difficiles que l’on peut traverser dans tout processus de création, m’a permis de tenir. Celle qui, en croyant si fort à mon texte, m’a permis de ne pas céder au découragement, dans une période, où j’aurais eu 1001 raisons de tout lâcher.

Grâce à Constance, j’ai continué à y croire, et même si j’ai l’impression que je ne sortirai rien de fameux, tant que celui-ci ne sera pas accepté par un éditeur, elle m’a permis de continuer à écrire sur d’autres projets. Sa foi, c’était mon socle.

Depuis septembre 2015, j’ai travaillé avec Constance, tout en délicatesse, dans l’écoute, la bienveillance et le professionnalisme. Elle m’a aidé à accoucher une nouvelle fois (ça fait déjà pas mal d’accouchements pour ce texte), en m’aidant à améliorer ce qui devait l’être, tout en respectant mon travail initial. Je ne sais pas comment elle s’est débrouillée, mais le texte est passé par différentes étapes, et pourtant, je n’ai jamais eu le sentiment de me trahir en tant qu’auteure. Aucune concession ne s’est faite dans la douleur, et ça, c’est absolument exceptionnel. Nous avons procédé par petites touches. Je ne pouvais aller plus vite, car j’étais régulièrement bouleversée par ce travail, ce que Constance a toujours respecté. Aujourd’hui, je suis très fière du résultat. Je ne sais pas ce qui va advenir : si un éditeur aura le courage, l’audace, de me faire accoucher une nouvelle fois, en publiant ce texte. Tout ce que je sais, c’est qu’il va m’être difficile de me passer de Constance à présent.

Allez ! Je m’en vais d’ailleurs, de ce pas, lui demander si elle veut bien encore de moi :-)

Vous pouvez contacter Constance ici : www.constancejolygirard.com

Rêveusement vôtre :-)

Angela

 

Éloge de la lenteur

Rhaaaa… Enfin un nouvel article !

Je sais, ça a pris du temps…  Mais se reconnecter avec son enfance, ça ne peut pas se faire en quatre matins. Ni même en dix… Pour ce genre de choses, un claquement de doigts ne suffit pas. Et heureusement d’ailleurs !  On ne va pas non plus faire ce qui nous tient vraiment à cœur, en 5 minutes, hein ? Et puis… je crois que j’attendais que le sujet s’impose à moi. Parce que, « faire pour faire », à quoi ça sert ?

J’attendais, et voilà qu’un beau matin, elle est arrivée, tranquillement, à son rythme… Elle a toqué à ma porte. J’ai dit : « c’est qui ? ». Elle m’a répondu avec tendresse : « c’est ta lenteur, tu te souviens de moi ? ». Ma lenteur ? J’avais oublié, c’est vrai… Au début, j’ai pensé que c’était la rentabilité qui me faisait une farce. Ou peut-être même la peur… Oui, j’ai remarqué que la peur était fourbe parfois… même chassée loin, très loin de vous, elle se débrouille pour se pointer à nouveau, au moment où vous vous y attendez le moins. J’ai dit : « heu… ça ne m’intéresse pas, je n’ai pas le temps !  » Et là, toute en finesse, ma lenteur a dit : « justement, ouvre-moi… et tu verras, du temps, tu en auras à nouveau… »

Alors j’ai dit : « OK ». Et j’ai laissé entrer ma lenteur dans mon cœur.

Il n’y avait aucun doute, dès le premier regard, j’ai su que c’était elle, que c’était la lenteur de mon enfance. Celle qui m’avait fait m’ennuyer, et donc, rêvasser. C’était sympa de se retrouver… depuis combien de temps on n’avait pas traîné nos guêtres ensemble ? Il faut croire que c’était le bon moment pour des retrouvailles.

Du coup, j’ai pensé que le sujet pouvait vous intéresser. Par les temps qui courent, parler lenteur, ça peut s’avérer être utile…

Certains verront peut-être un caractère contre-productif à cet article, voire même une forme de pathologie à vouloir écrire sur la lenteur, alors que je ferais mieux d’aller faire bouillir la marmite. Soit. C’est un argument qui peut me faire douter, en bonne repentie de la vitesse que je suis. Mais je me dis la chose suivante… même si c’est vrai que ça passe vite, ça prend quand même du temps de vivre une vie, et pourtant… on gagne vachement à vivre ! Alors vous voyez, finalement, ça a du bon la lenteur… Moi en tout cas, même si je n’étais plus formatée pour, en acceptant de lui ouvrir ma porte, j’ai tout de suite été convaincue d’une chose : il ne faut pas se presser. Parce que quand ça va trop vite, ça va trop vite pour tout, vous voyez… même pour la fin. Non ?

Bref, retrouver la lenteur qui sommeille en chacun de nous, ça fait du bien.

Il suffit d’être confronté à l’urgence, pour avoir sacrément envie de ralentir et de réfléchir un peu. Quand ça m’est arrivé (d’être confrontée à l’urgence) j’ai commencé à repenser à ma lenteur comme à un lointain souvenir, quelque chose qui m’était familier et que j’aimerais retrouver. Une saveur unique, qui s’était égarée au milieu de ma forêt. Ce jour-là, face à l’urgence, et pendant les longs jours qui ont suivi, j’ai appris ce que je savais déjà : la lenteur, la mienne en tout cas, était un Graal précieux. Il fallait que je réapprenne absolument à la cultiver. C’est vrai quoi… quand on est jeune adulte, c’est-à-dire quand on devient, soi-disant adulte, alors que l’on est encore très jeune, on a tendance à se noyer un peu dans une nécessité de performance épuisante, une obligation de réussite, à tous les niveaux. Parfois, on ne s’en rend pas compte, mais on se met même à courir vers le conformisme, la norme, histoire de justifier qu’on est adulte.Tout cela, forcément, ça ne laisse plus beaucoup de place à la lenteur.

C’est peut-être cela grandir : ne plus jamais prendre son temps. Et puis, un jour, la vie vous rappelle à l’ordre. Elle vous impose de réapprendre à vivre différemment. Et d’un seul coup, on redécouvre que, regarder un enfant dormir, ou bien un papillon papillonner, ça n’est pas perdre son temps. Au contraire, ça rend heureux, et libre.

On dit toujours « connais-toi toi-même », c’est vrai, c’est important, mais heureusement, on se réserve parfois des surprises !

Depuis que j’ai laissé entrer en moi la lenteur de mon enfance, je me surprends à ne plus envisager le travail uniquement comme une nécessité sociale, ou ce qui va me permettre d’assurer ma survie, et celle de mes enfants. Non, depuis ce jour, je me contente de peu, et donc de tout. Mon aliénation est devenue heureuse, car elle a du sens. Elle me permet, avec moins, d’avoir plus… plus de temps pour être. En faire moins, pour être plus.

Pendant longtemps,  la répartition entre les charges et les bénéfices du travail n’était pas très équilibrée. Alors, ralentir pour avancer moins, mais mieux, est devenu un vrai leitmotiv… Il faut dire que j’ai été aidée dans ma démarche…

… je tiens donc à remercier ici ma lenteur d’être revenue vers moi, après tant d’années. Grâce à elle, aujourd’hui, je laisse partir ce qui doit me quitter, et j’ouvre grand les bras à ce qui doit advenir, en continuant à réaliser mes rêves, sans pour autant exiger. Du coup, chaque nouvelle rencontre, est aussi belle et colorée qu’un papillon qui papillonne… et chaque nouveau texte, un enfant, que je regarde naître, jouer, tomber, et s’écorcher les genoux, puis s’endormir, en attendant, patiemment, qu’il se réveille…

Dany Boon et la magie de Noël

Rhaaa… Il faut vraiment que je vous raconte !

Ce matin, s’est produit un micro-événement, certes, très furtif, mais qui a, pour la superstitieuse que je suis (sous-entendu, une personne qui voit des « signes » partout), son importance.

Avant de me lancer quand même… vous vous souvenez ?

Je vous disais précédemment que lorsque l’on décide de se mettre à écrire des histoires, il faut faire preuve d’une sacrée bonne dose de persévérance. S’il n’y avait que cela !

Oui mesdameszémessieurs, je vous le confesse…

A la persévérance, vient s’ajouter sa sœur jumelle : l’obsession.

Écrire ? On n’imagine jamais assez le caractère obsessionnel de l’entreprise. De ces obsessions, qui ne vous quittent presque jamais, et qui, lorsque vous vivez en couple, peuvent même parfois, faire des ravages. Exemple : « Zut alors ! J’en ai marre à la fin ! T’es là, mais tu n’es pas là en fait. » Hum… Comment faire comprendre à l’autre, que, siiiii, on est bien là, pleinement, entièrement, mais que l’on a des choses à écrire, et qu’on attend l’occasion de pouvoir le faire depuis (trop) longtemps ?

Mea Culpa. Il faut reconnaître que je n’avais pas annoncé la couleur dès le début.

Quelle couleur me direz-vous ?

La couleur du couple à trois. Oui, vivre avec quelqu’un qui écrit, et qui, par définition, ne pense (presque) qu’à ça, c’est un peu comme vivre un couple à trois.

L’ obsession se transforme alors en amant terrible, qui s’immisce partout : dans le quotidien, et parfois même, au creux de l’oreiller. Cet amant, ce sont les notes, les idées, les pensées. Cet amant, c’est tel mot, ou telle phrase qui résonne. Cet amant, c’est la perspective quasi permanente de ce que l’on pourrait faire de cette résonance, de ce que l’on imagine autour d’elle. Alors, on avance comme on peut, en essayant de tout concilier, ces deux vies en une, tout en pensant aux moments où l’on va pouvoir enfin s’y mettre, où l’on va pouvoir enfin, faire sortir cet écho. On vit, en se disant qu’il faut tout noter, au risque de tout oublier… et en jubilant, dès que l’on aperçoit des plages de vide dans son agenda… Quoi ? Rien pendant 3 jours ? Pas de rendez-vous ? Pas de réunion ? Pas de sortie ? Le plus savoureux des délices, devient alors l’agenda vide. Un vide qui prend de plus en plus de place, quand l’autre finit par partir. Lorsqu’il plie (bagages), face à l’amant terrible.

Bon OK, d’accord, et Dany Boon alors ?

J’y viens… J’y viens…

Dany Boon, c’est, en tout bien tout honneur, mon OBSESSION du moment. Mais pourquoi lui me direz-vous ? Parce que cet homme a un lien indirect avec l’un de mes projets. LE projet qui me tient tant à cœur et que j’ai mis 4 ans à écrire (si un jour ce texte est publié, vous comprendrez sans doute pourquoi).

Il s’agit d’un album jeunesse, traitant d’un sujet dit « sensible », et actuellement entre les mains d’un agent, c’est-à-dire un professionnel qui croit suffisamment en votre texte pour vous consacrer du temps et de l’énergie, et ça, vous n’imaginez pas, mesdameszémessieurs, ce que, moralement, cela représente.

Oui, avant de sauter dans le vide, même si j’avais très envie d’y aller, je ne savais pas ce qui m’attendait. Je me disais donc, à juste titre : « aïe, je crois que ça va faire mal ». Et bien je confirme ! Par moments, il y a eu des bosses. Mais j’ai eu aussi cette chance : qu’un parachute s’ouvre à moi durant mon saut. Grâce à la foi et à l’accompagnement de cet agent, l’atterrissage va donc peut-être se faire en douceur.

L’avenir nous le dira …

C’est précisément là, qu’intervient Dany Boon.

Pour défendre le bien-fondé de l’existence d’un tel album, malgré le caractère dit « sensible » du sujet, je me suis mise en tête, (en concertation avec mon agent), et de façon obsessionnelle donc, de joindre Dany Boon, pour lui demander de signer une préface à ce livre. Parce qu’il est concerné, en tant que père, par le sujet, et qu’il en a déjà parlé dans les médias, avec  sensibilité et humilité, je nourris l’espoir qu’il accepte donc de soutenir ce projet, afin de lui donner encore plus de chances d’exister.

Mais alors ? Que s’est-il passé avec Dany Boon ?

Rhaaa… voilà toute l’histoire : ce matin, alors que je me trouvais boulevard des Capucines, pour aller retirer des places de concert à l’Olympia, je croise, d’un pas, certes un peu pressé, et au téléphone, Judith Godrèche !

Judith Godrèche, l’ex-femme de Dany Boon… la mère de l’un de ses enfants ! Je la croise, et je me dis : « Tiens, c’est Judith Godrèche, elle a changé physiquement… »

Je continue mon chemin, jusqu’à l’Olympia, me demandant comment je vais faire pour tout faire rentrer dans les valises, et boudant encore un peu de ne pas avoir trouvé de nougats au Monoprix hier, quand d’un seul coup : « Mais, ce n’est pas vrai ça ! Judith Godrèche !!!! Mais… pourquoi je ne suis pas allée vers elle ? POURQUOI ? J’aurais dû l’arrêter, bon sang, lui parler de mon projet.

Je suis hors de moi, je me dis que la magie de Noël c’est sympa, mais que là quand même… j’avais tellement la tête ailleurs, que je n’ai pas eu la présence d’esprit de l’arrêter.

Je me retrouve devant l’Olympia, grilles encore fermées, et là, comme je suis en avance, je scrute le boulevard des Capucines, en long, en large, et en travers, en espérant qu’elle repasse. Même sur le trottoir d’en face, ce n’est pas grave ! Si c’est le cas, je traverserai, là, au niveau du 43 boulevard des Capucines, un 24 décembre 2015, sous une pluie fine : j’irai arrêter Judith Godrèche, et je lui parlerai de mon projet. Je lui demanderai de m’aider à joindre Dany Boon.

Bon, j’ai attendu, attendu… mais… elle n’est pas repassée.

Je ne sais donc pas comment interpréter ce signe.

De deux choses l’une :

1/ Je me dis que c’est juste une question de moment. Ce n’était pas le bon moment, c’est tout. Et dans le pire des cas : je trouve quelqu’un d’autre pour ma préface.

2/ Je me dis que c’est juste une question de moment. Ce n’était pas le bon moment, c’est tout. Et dans le meilleur des cas : si c’est elle que j’ai croisée, et pas l’ex-femme d’un autre, c’est que c’est LUI qui doit la signer cette préface !

Je vous laisse imaginer laquelle des deux options je préfère…

(Indice : la réponse a un lien avec la persévérance et l’obsession ;-))

En attendant, de très belles fêtes à vous !  :-)

Le premier roman

La première marche de l’escalier, qui mène au premier étage de la Tour Eiffel (il faut avoir lu l’article « La question de la légitimité » pour comprendre), qu’est-ce que ça peut bien être à votre avis ? Vous avez une petite idée ?

Non ?

Hum… C’est à se demander si vous lisez bien les titres de mes articles vous !

Bah oui, c’est le premier roman ! Merci à ceux qui suivent, au premier rang :-)

La première marche, donc, c’est le fameux, le légendaire, l’incontournable « premier roman ». Celui dans lequel on place toute sa foi, son énergie, ses superstitions. Celui dont a rêvé longtemps, tout en pensant qu’on n’y arriverait jamais… Et ça n’a rien à voir avec le fait de partir perdant. Absolutely not ! Mais… comment vous dire ? Disons que ça ne se tricote pas en cinq, ni en sept matins un truc pareil… Écrire un roman, ça n’est pas facile, facile… et de surcroît, il n’y a pas de formation pour ça ! Le Fongecif, pour ce genre de projets, ça ne marche pas. Si j’avais voulu me reconvertir en suivant une formation, il aurait fallu que je m’oriente vers autre chose. Que je change pour… vendre des chocolats par exemple ! Il aurait déjà fallu que je sois salariée, c’est sûr… mais ce détail mis à part, figurez-vous que j’ai une copine, pour qui, vendre des chocolats, ça semble bien parti ! Grâce à sa boîte (une banque, mais je ne sais pas laquelle), elle a suivi ce qu’on appelle communément, un bilan de compétences. Le résultat a donné ça : son truc, ce serait la vente de chocolats. Dingo non ? A croire que c’est aussi ça le monde du « vrai » travail : vous passez des années à un poste – un poste important ! (ma copine travaille au service marketing), et puis un jour, paf !, comme ça, vous vous mettez à rêver de changement, de donner un nouveau sens à votre carrière : vous cogitez, vous vous interrogez sur vos envies, vos compétences, vos valeurs, et là… vous découvrez que vous pourriez parfaitement vendre des chocolats. Personnellement, je trouve ça extraordinaire. Disons que je trouve ça… romanesque. C’est du vrai Maupassant d’aujourd’hui,  vous ne trouvez pas ? En tout cas, je lui souhaite de réussir son projet à ma copine. Parce que vendre des chocolats, je trouve ça beaucoup plus sympa que de travailler au service marketing d’une banque. Pas vous ?

Rhaaa, du coup je mangerais bien un petit escargot de Lanvin moi…

« Je reviens tout de suite… »

Voilà.

Vous préférez lesquels vous ? Ceux au chocolat noir, ou ceux au lait ? Moi j’aime bien les deux, mais je crois que j’ai quand même une petite préférence pour ceux au lait. Je trouve que le praliné se marie mieux avec le chocolat au lait moi… Mais bon, revenons à nos moutons…

Pour se lancer dans l’écriture d’un roman, et espérer devenir un jour aussi talentueux qu’Antoine de Saint-Exupéry (le mouton… vous suivez ?), pas de formation, donc.

Pas de formation, mais beaucoup de bonne volonté, de persévérance, et surtout… du temps. Oui, écrire un roman mesdameszémessieurs, ça prend du temps. Et à moins d’être mariée à un banquier (décidément la banque, c’est top), vu tout ce que l’on doit déjà faire à côté, en terme de planning… Ouah … ça s’annonce d’emblée compliqué ! Surtout si, entre le moment où l’on prend conscience de ce paramètre « temps », et le moment où l’on écrit la première ligne du futur premier roman, on n’est toujours pas devenue femme de banquier (ce qui, je le précise, ne risque jamais d’arriver… les chiffres et moi ça fait deux !), là… ça se complique vraiment, mais alors, vraiment.

Du coup, on commence à se poser des questions, des tas de questions. Par exemple :

On vit de quoi pendant qu’on écrit ?

Enfin, plus précisément : « putain, comment je vais faire ? ».

C’est là, à ce moment très précis du cheminement, que l’on se met à danser ce que j’appelle « la danse du premier roman ». Un pas en avant, un pas en arrière, un pas en avant, un pas en arrière… C’est assez répétitif comme chorégraphie. Je dirais même… c’est très lassant. Alors, comme pour les chocolats, au bout d’un moment, il faut faire quelque chose, passer à l’action, bref, choisir. On ne peut pas éternellement hésiter dans la vie !

Vous l’aurez compris, pour ma part, j’ai choisi d’y aller.

A ce stade de la lecture, j’attire votre attention mesdameszémessieurs : pour ceux qui ont lu l’article précédent, quand on commence à danser « la danse du premier roman », cela veut dire que l’on a déjà étouffé sous 432 mouchoirs (peut-être 801 en fait), la question de la légitimité. En somme, légitime ou pas, on fait l’autruche sur ce point, et on y va.

On y va, et on se lance dans cette grande aventure. J’ai pu le faire, je dois l’avouer, car un événement est survenu dans ma vie, (le tsunami évoqué dans l’article « C’est quoi ces rêves ? »). Cet événement, même s’il m’a causé beaucoup de soucis et de cheveux blancs, m’a donné, paradoxalement, et pour la première fois de ma vie : du temps. Me retrouvant seule dans la tempête, un peu comme dans cette publicité des années 80, pour un fromage à tartiner je crois, j’étais devenue comme ce type, assis sur sa chaise. Tout s’écroulait autour de lui, et lui restait pourtant campé-là, à déguster son fromage à tartiner. Voilà, moi aussi, j’allais en tartiner des pages, convaincue, bien évidemment, et c’est le propre du premier roman, que mon sujet était LE sujet qui allait plaire à tous : les jeunes et les moins jeunes. Que c’était LE sujet qui allait rassembler tout le monde : ceux de la génération Mitterrand, et les jeunes d’aujourd’hui.

Qu’est-ce que François Mitterrand vient faire ici ? Vous comprendrez plus tard…

Je pensais, donc, que j’étais en train d’aborder mon sujet, celui que j’avais choisi, comme jamais personne ne l’avait fait auparavant. Qu’il allait être repris par les journalistes, bref, que ça allait plaire. C’était mon « vrai » premier roman quand même ! Évidemment, je suis très rapidement tombée de ma chaise. Évidemment, ça ne s’est pas du tout passé comme ça. Évidemment, j’ai été déçue. Comme un amour tant idéalisé, je ne pouvais, que passer à côté.

Pour autant, « Qui es-tu Salomé ? » – c’est le titre de mon « vrai » premier roman, existe. Ça n’est pas un excellent livre, oui, il faut le reconnaître… Mais il a le mérite d’exister.

Ah oui ! Pourquoi « vrai » premier roman ? Parce qu’un autre texte avait été édité, des années auparavant, dans une cave, on peut le dire… Ayant récupéré les droits, j’ai comme projet d’en faire à nouveau quelque chose… je n’en dis pas mot, donc.

Voilà, tout ça pour dire qu’un premier roman, ce n’est pas forcément tout de suite la réussite, mais pour moi, ça été, en tout cas, une sorte de ligne Maginot.

Oui, un premier roman publié, même s’il n’intéresse que la famille et les amis, même si ce n’est pas chez un grand éditeur, et même si ce dernier n’est pas celui où j’aurais dû aller, cela  permet de se construire un petit mur invisible, un système de défense, une forteresse intérieure, qui permet d’avancer. Cette ligne, même si elle ne protège pas au final de l’échec et des attaques extérieures, permet de se dire que vous avez quand même réussi à mener le projet jusqu’au bout, et ça, c’est déjà pas mal…

Le personnage principal de « Qui es-tu Salomé ? » est largement inspiré de la vie d’une fille, devenue femme aujourd’hui, qui m’a toujours fascinée quand j’étais plus jeune. A partir du moment où l’existence de Mazarine Pingeot a été révélée au grand public, j’ai toujours pensé qu’elle était en soi un personnage de roman. Que sa vie toute entière, était un roman. J’ai donc voulu imaginer, dans cette aventure, les 10 jours qui ont précédé le moment où elle a appris l’identité de son père. Comment, le personnage décide de mener elle-même l’enquête. Je crois que l’intrigue tient la route. Mais pour ce qui est de la qualité littéraire, promis, je ferai mieux la prochaine fois 😉

A bientôt !

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